La rencontre entre le sénateur maire Jean-Claude Gaudin et Sylvie Hubac, présidente de la Réunion des musées nationaux (RMN)-Grand Palais, hier à l’hôtel de ville, a sans doute son importance pour poursuivre la dynamique de Marseille capitale européenne de la culture en 2013 dans les années à venir. Tous deux ont, en effet, signé une convention de partenariat de trois ans entre la Ville et la Réunion des musées nationaux (RMN), dans la continuité d’échanges qui remontent à 2008 et permirent de monter les grandes expositions, Van Gogh et Monticelli à la Vieille Charité en 2008, l’Atelier du Midi à Longchamp en 2013, ou encore Le Rêve, actuellement présenté au musée Cantini.

« La RMN nous a permis de développer une offre de haut niveau »

s’est félicité Jean-Claude Gaudin, qui a rappelé l’attraction et la popularité de ces expositions. Le Grand Atelier du Midi avait ainsi attiré 220 000 visiteurs et marqué la réouverture du musée du palais Longchamp en 2013. Les files d’attente se forment chaque week-end devant les portes du musée Cantini pour voir Le Rêve, qui comptabilise 40 000 visiteurs en deux mois.

Deux grandes expositions sont ainsi en cours de préparation dans les trois ans à venir : Picasso, voyage imaginaire en 2018 et l’exposition Max Bekmann, peintre et dessinateur allemand, pour qui Marseille fut une forte source d’inspiration, tout comme New York. « La RMN nous permet d’obtenir des prêts internationaux que nous n’aurions pas, témoignent Guillaume Theulière, commissaire de l’exposition Le Rêve, et Christine Poullain, directrice honoraire des Musées de Marseille. Même si nous avons nos propres réseaux internationaux : les musées de Marseille prêtent beaucoup leurs oeuvres et, à l’inverse, reçoivent beaucoup. »

Avec Picasso, voyage imaginaire, présenté de février à mi-juin 2018, Marseille prendra ainsi sa part au grand projet lancé par le musée Picasso, « Picasso en Méditerranée », mené avec une soixantaine de partenaires, de Naples à Malaga, en passant par Rome ou Rabat. Une centaine d’oeuvres seront exposées à Marseille autour de quatre thèmes : la période bleue et la représentation des saltimbanques, l’Afrique fantôme, l’amour antique et l’Orient rêvé. « L’idée est de faire dialoguer des toiles de Picasso avec des oeuvres du Musée d’arts africains, océaniens et amérindiens (MAAOA), poursuit Guillaume Theulière. En 1912, Picasso a acheté à Marseille un masque africain. Les arts premiers – on dit ‘l’art nègre’ à l’époque – l’ont beaucoup influencé, notamment dans les peintures cubistes. Picasso avait aussi acheté une sculpture baga, qui inspira ses portraits de Marie-Thèrèse. »

Sur le même principe, le chapitre sur l’amour antique fera dialoguer les oeuvres de Picasso avec celle du Musée archéologique.

Autant de chantiers à mener par Xavier Rey, brillant commissaire âgé de 34 ans au Musée d’Orsay, qui vient d’être nommé à la direction des Musées de Marseille. Il prendra sa fonction en février, en remplacement de Christine Poullain qui part en retraite.