La méthode Bourniquel – du nom du directeur départemental de la sécurité publique de fin 2012 au printemps dernier – qui consistait à mettre le maximum de fonctionnaires sur le terrain, avait été couronnée de succès – principalement au centre-ville, où lui-même admet qu’il fallait en priorité redorer la vitrine de Marseille – avec des baisses de 20 à 30 % de certaines catégories de délits… Le préfet de police, Laurent Nuñez et le nouveau DDSP, Jean-Marie Salanova, auraient pu surfer cette vague, en y instillant des ajustements histoire d’y mettre leur patte, mais le duo a visiblement choisi la méthode offensive, en impulsant une mue en profondeur de l’organisation des policiers marseillais. Si ce travail s’effectue discrètement depuis des mois et sera présenté ce jour aux syndicats de policiers, La Provence en dévoile tous les détails, dont certains n’ont pas manqué de faire sauter au plafond certains élus.

Le grand retour des « bac » par secteur

Le maître mot de cette réforme est le « renforcement de la territorialisation de l’action policière », comme l’indique une note interne que La Provence a pu consulter. « Les commissaires en responsabilité dans chaque secteur (Nord, Sud, centre) auront dorénavant plus de pouvoir, de force d’impact et donc d’efficacité, en disposant d’unités plus nombreuses, plus réactives et adaptables. » Cette évolution marque le grand retour des Bac (Brigade anticriminalité) de secteur qui avaient été rassemblées en une seule unité, après la fameuse affaire de la Bac Nord, fin 2012, toujours pas jugée sur le fond.

Si la note indique que la Bac gardera son apparence « unifiée », « son action sera désormais spécialisée et fidélisée au sein de chaque division (…) Il est attendu de cette adaptation le renforcement de son efficience ». Car oui, après la décision de l’exécutif, le nombre d’interpellations faites par la Bac a chuté ces quatre dernières années. « Impossible de revenir au système précédent tant que Valls est au pouvoir, puisque c’est lui qui avait décidé de cette unification, décrypte-t-on à l’Évêché, mais les gars ne sont pas devenus mauvais du jour au lendemain ! C’est juste qu’il faut, pour interpeller plus, qu’ils connaissent les victimes et les auteurs de chaque secteur et qu’ils soient au plus près des enquêteurs de chaque division. »

Chaque secteur (Nord, Sud et centre) va aussi bénéficier de la réorganisation des « police secours », qui seront plus nombreuses et s’appelleront désormais Unités d’intervention et de police secours (UIPS). Il se verra aussi renforcé par l’éclatement de la force de frappe de plus de 200 fonctionnaires du Groupe de sécurité de proximité (GSP), spécialisé sur les zones les plus criminogènes de la ville.